254 NAVIRES BATTENT PAVILLON LUXEMBOURGEOIS !

LUXEMBOURG – En cinq ans d’existence, le cluster maritime chargé de promouvoir la marine marchande luxembourgeoise a permis de faire passer le nombre de navires de 155 à 254.

Planté au milieu des terres européennes, le Luxembourg est… une nation maritime. À la naissance du cluster luxembourgeois regroupant les entreprises et les professionnels du monde maritime en 2007, 155 navires battaient pavillon luxembourgeois. Ils sont aujourd’hui 254. Le tonnage global s’élève à plus de 2,7 millions de tonnes. Le Nomad, plus petit navire de la flotte, mesure 17 mètres et affiche une capacité de 36 tonnes quand les plus gros, les containers Cap San Lorenzo, Cap San Marco et Cap San Nicolas mesurent 333 mètres pour une capacité de 118 938 tonnes.

«Les armateurs sont libres de choisir le pavillon qu’ils veulent mais s’ils choisissent le Grand-Duché, la loi luxembourgeoise les contraint à ce qu’une partie de la gestion des navires se fasse ici, au Luxembourg», indique Robert BIWER, commissaire du gouvernement aux Affaires maritimes. «Chaque navire doit avoir ce qu’on appelle un dirigeant maritime qui doit être agréé par le ministère de l’Économie. Il doit avoir une adresse au Luxembourg et fait le lien entre l’armateur et l’administration».

Moins d’une dizaine d’officiers luxembourgeois

Si de plus en plus d’armateurs choisissent le Luxembourg, c’est avant tout pour sa fiscalité. Une fois inscrit au registre public maritime luxembourgeois, l’armateur doit payer pour chaque navire une taxe d’immatriculation «qui dépend de l’âge et de la taille du navire», confirme Robert BIWER. Ainsi, pour un premier enregistrement (plus cher qu’une réinscription) la taxe acquittée pour le Cap San Lorenzo, mis à l’eau en 2013, est de 91 203 euros quand celle du Nomad sera de 2 036 euros. Au total, l’État luxembourgeois touche «un peu moins d’un million d’euros par an».

Quelque 4 000 marins travaillent actuellement sur les navires battant pavillon luxembourgeois, «mais entre 15 000 et 17 000 sont enregistrés, le métier de marin étant très particulier, ils travaillent trois mois d’affilée puis s’arrêtent, font autre chose puis reviennent travailler, il est difficile de compter de façon précise le nombre de personnes qui sont effectivement sur les navires luxembourgeois». Ce que l’on sait, c’est qu’elles sont quasiment toutes étrangères, «il existe moins d’une dizaine d’officiers luxembourgeois». En revanche, la législation maritime luxembourgeoise s’applique sur les navires, «pour tout ce qui est contrat, sécurité sociale». Mais pas de salaire minimum, car «il faut rapporter les rémunérations au coût de la vie des pays d’origine des marins». La convention du travail maritime ratifiée par le Luxembourg en 2011 – et une cinquantaine de pays qui représentent 75% du tonnage mondial – stipule qu’il y a des minima sociaux à respecter mais aucune trace de salaire minimum.

Des sociétés privées de sécurité à bord

En ce qui concerne les risques, les navires luxembourgeois sont armés. «Nous ne disposons pas de pétroliers purs mais de petits chimiquiers ou pétroliers qui sont tous équipés d’une double coque», insiste Robert BIWER. «Depuis le naufrage de l’Erika, la sécurité des bateaux a été renforcée». Quant à la piraterie, les navires luxembourgeois sont exposés comme les autres, «nous avons eu quelques attaques dans le Golfe de Guinée. «Au début, l’Organisation maritime internationale refusait qu’il y ait des personnes armées à bord des navires, mais elle a quelque peu assoupli sa position. Des pays peuvent dépêcher des unités militaires ou des commandos marines sur leurs navires, ce dont le Luxembourg ne dispose pas, c’est la raison pour laquelle les armateurs peuvent faire appel à des sociétés de sécurité privées». Le ministère luxembourgeois de la Justice est le seul habilité à délivrer des ports d’armes, les armateurs doivent donc se tourner vers l’administration grand-ducale pour cette question.

À noter que le Luxembourg participe à la mission européenne Atalanta avec deux avions de surveillance privés positionnés aux Seychelles pour une surveillance du Golfe d’Aden au large de la Somalie.

Article paru sur le site « lessentiel.lu«